Les chants de Nüying – Émilie Querbalec

Après avoir été subjuguée par son premier roman Quitter les monts d’automne, c’est non sans impatience que j’attendais son deuxième titre Les chants de Nüying dont je vous parle aujourd’hui. Et si le voyage est très différent, il reste toujours très beau. Définitivement, Émilie Querbalec est l’une de mes plumes francophones, si ce n’est la plume francophone, que je préfère dans l’imaginaire.

Merci, Gilles Dumay pour ce service presse. Merci, Émilie, pour cette magnifique dédicace et ce « voyage d’une mer à l’autre » qui résume si bien votre œuvre.

Quitter les monts d’automne

Autrice : Émilie Querbalec

Paru aux Éditions Albin Michel Imaginaire en août 2022

Pages : 464

4ème de couverture

La planète Nüying, située à vingt-quatre années-lumière du Système solaire, partage de nombreux traits avec la Terre d’il y a trois milliards d’années. On y trouve de l’eau à l’état liquide. Son activité volcanique est importante. Ses fonds marins sont parcourus de failles et comportent quantités de sources hydrothermales. Elle possède une magnétosphère et une atmosphère dense, protectrice. Tout cela en fait une bonne candidate pour héberger la vie. La sonde Mariner a transmis des enregistrements sonores de Nüying : des chants qui évoquent par analogie ceux des baleines. Quand elle était enfant, Brume a entendu cet appel. Désormais adulte, spécialisée dans le domaine de la bioacoustique marine, elle s’apprête à participer à la plus grande aventure dans laquelle se soit jamais lancée l’Humanité : rejoindre Nüying au terme d’un voyage spatial de vingt-sept années. Que va-t-elle découvrir là-bas ? Une civilisation extraterrestre ou une remise en cause totale de ses certitudes ?


Dans Les chants de Nüying, place à un voyage interstellaire. En effet, le roman conte le voyage au bord d’une arche de Noé moderne, un vaisseau-monde, vers la planète Nüying, située à 24 années-lumière de notre système solaire. Si l’humanité s’intéresse à cette planète, c’est qu’elle arbore une ressemblance marquée pour la planète Terre à ses prémices. De plus, une sonde a enregistré des sons, des chants similaires à ceux des baleines, traduisant d’une potentielle vie ? Serait-ce un premier contact ? Serait-ce une fausse piste ?

Le roman est découpé en trois axes temporels relatifs au voyage que le cargo-monde Yùtù Mèng effectue : l’avant, le pendant, et l’après. Dans sa première phase, l’autrice met en place son histoire et la mythologie qui nourrit les aspirations de ses voyageurs. Je pense que le plus important est celui du culte de l’Éveil, un culte dérivé du bouddhisme et mené par un lama (pas l’animal). Le culte, aux allures sectaristes, aura une grande importance dans le voyage, se confrontant ses fidèles aux autres passagers n’adhérant pas à ces croyances. Cette première partie sert également à introduire les protagonistes principaux : Brume, bioacousticienne ; William, un spécialiste en cybernétique ; Dana, une cogniticienne ; ou encore Jonathan Wei, magnat de l’industrie et propriétaire de la compagnie finançant ce voyage exploratif, et doté d’ambitions démesurées.

L’essentiel du récit est concentré sur le « pendant », soit les 27 années qu’il faut au cargo-monde pour rallier Nüying depuis le départ de la base lunaire. Et c’est en fait dans cette section que repose la majorité des réflexions que le roman amène. La thématique principale, à mon sens, est celle de la question de l’être et de l’essence, question millénaire qui a, sera toujours, au cœur des préoccupations humaines. Elle est traduite ici par le programme RNA, un programme de réincarnation. Dans celui-ci, l’esprit pourrait être stocké dans une matrice virtuelle et clonée de corps en corps sur la base d’un set de mémoires initiales. De ce fait, Émilie Querbalec tisse également un lien vers un sujet phare de la science-fiction : le transhumanisme. Elle en fait état, en montre les potentielles dérives, sans jamais tomber dans un scénario pessimiste et moralisateur. Il me paraît également évident que la religion et le sectarisme sont au cœur des thématiques abordées dans le récit, étant intimement liées au projet RNA. Encore une fois, j’ai trouvé que cela avait été abordé avec grâce.

Émilie Querbalec m’avait impressionnée avec sa construction de récit de Quitter les monts d’automne, et encore une fois, elle m’impressionne avec ce roman. Avec son style, et son choix de narration elliptique, elle nous permet de nous plonger dans le roman sans pour autant être assommé par toutes les notions qu’elle y implique. Une même idée dans les mains d’un-e autre auteurice aurait sûrement résulté en un pavé peu digeste. L’autrice ne nous tient pas par la main, et j’apprécie cela. Elle nous donne les clés, et nous laisse comprendre et deviner une partie des tenants et aboutissants de son récit. Et bien évidemment, j’ai retrouvé le style doux, délicat, fluide et poétique qui m’avait séduite dans son premier roman.

Dans Les chants de Nüying, le voyage est plus important que la destination. Alors, laissez-vous porter par cette odyssée space opératique, par cette fresque humaine touchante, et par les mystères qui nimbent Nüying, vous ne le regretterez pas. C’est un excellent roman, d’une excellente autrice. Merci Émilie Querbalec.


Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Êtes-vous tenté-e ?

Défi 2022

Cette lecture s’inscrit dans mon défi 2022 pour la catégorie 25 : Un livre de votre auteurice préféré-e. Il peut également être attribué aux catégories suivantes :

  • Catégorie 06 : Un livre récent (publié en 2021 ou 2022)
  • Catégorie 24 : Un livre d’un-e auteurice francophone
  • Catégorie 27 : Le titre contient une (ou plusieurs) des lettres suivantes : X, Y, Z
  • Catégorie 30 : Un livre avec un voyage

Ailleurs sur la blogosphère

6 réflexions sur “Les chants de Nüying – Émilie Querbalec

  1. Ping : Les Chants de Nüying, d’Emilie Querbalec – Les Chroniques de FeyGirl

  2. Ping : Les chants de Nüying, Émilie QUERBALEC – Le nocher des livres

  3. zoelucaccini

    Ouhlala le coup de cœur ! Je ne suis pas surprise, j’ai vu tes update sur les réseaux pendant ta lecture.
    Je l’ai reçu en cadeau dans le cadre d’un concours instagram la semaine dernière, il va être assez vite lu parce que je l’ai mis dans mes 80 présélectionnés du PLIB et je voudrais le lire avant le vote des 25 mi novembre.
    Je reviendrai lire ta chronique dans le détail après ma lecture, mais je retiens que le voyage importe plus que la destination, pour l’instant ça me suffit !

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s