Les tambours du Dieu Noir, suivi de l’Étrange affaire du Djinn du Caire – P. Djèlí Clark

Hello ! On se retrouve pour une nouvelle chronique P. Djèli Clarkesque ! Ce recueil contient les deux premières nouvelles parues. La première est une nouvelle indépendante, la seconde fait partie de son univers du Ministère égyptien de l’alchimie, des enchantements et des entités surnaturelles (première que je lis de cet univers).

Les tambours du Dieu Noir, suivi de l’ Étrange affaire du Djinn du Caire

Auteur : P. Djèlí Clark (Traduction de Mathilde Montier)

Paru aux Editions L’Atalante, collection Dentelle du Cygne, en avril 2021 (VO parue en 2016 et 2018)

Pages : 137

4ème de couverture

Louisiane. Années 1880. Tandis qu’une guerre de Sécession interminable démantèle les États-Unis d’Amérique, un complot menace La Nouvelle-Orléans, territoire indépendant libéré de l’esclavage, au cœur duquel les Tambours du dieu noir, une arme dévastatrice jalousement gardée, attisent les convoitises. Il faudra tout le courage et la ténacité de Jacqueline « LaVrille » – jeune pickpocket qui rêve de découvrir le monde –, ainsi que la magie ancestrale des dieux africains qui coule dans ses veines, pour se faire entendre et éviter le désastre.

Le Caire. 1912. Depuis une cinquantaine d’années, les djinns vivent parmi les hommes et, grâce à leur génie mécanique, l’Égypte nouvelle s’est imposée parmi les puissants. Ce qui ne va pas sans complications… Pour preuve l’étrange affaire du djinn du Caire, que se voit confier Fatma el-Sha’arawi – agente du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles – quand un djinn majeur est retrouvé mort. Suicide ? Trop évident. C’est une machination diabolique que Fatma va mettre au jour.


J’ai découvert cet auteur avec Ring Shout, qui m’avait profondément touchée. Dans ses premières publications, P. Djèli Clark use également des idées qu’il sait si bien mettre en valeur : des uchronies, empruntes de mythes populaires et du folkore, le tout sur une toile d’Urban Fantasy. Si j’ai eu du mal avec la première nouvelle, j’ai été transportée par la seconde.

Les Tambours du Dieu Noir

Dans ce premier texte, le récit est situé dans la ville de la Nouvelle-Orléans, libérée de la guerre de Sécession qui divise les États-Unis et de l’esclavagisme, omniprésent hors des murs de la ville. Nous allons y rencontrer Jacqueline « LaVrille » une enfant qui survit dans les rues grâce à sa filouterie, et Ann-Marie, capitaine d’un dirigeable de contrebande qui fait halte dans la ville, et dont les particularités sont intimement liées à celle de notre jeune héroïne. Comme dans Ring Shout, P. Djèli Clark montre sont talent pour les personnages féminins forts mais crédibles, dans leurs sensibilités, leurs fragilités et leurs combat.

Ces deux-là vont s’allier afin de sauver la ville de la menace du Tonnè de Shango, une arme légendaire et mystique qui a le pouvoir d’engloutir sous les torrents et tempêtes destructeurs, tout ce qui traine sous son passage.

La magie des anciens dieu afrikains est enracinée dans la ville, comme disait ma maman. Elle est enfouie dans ses os, dans ses fondations avec les esclaves qui l’ont bâtie, qui ont transformé le sol, l’air et les cours d’eau en terres sacrées. Sauf qu’on a oublié les noms de ces puissances qui nous ont suivi sur ces rivages.

On retrouve dans cette nouvelle les thématiques sociales qui semblent être chères au cœur de l’auteur, notamment par son vécu d’afro-américain, lui-aussi victime « d’erreurs d’identité ». De même, j’ai également retrouvé la scénographie exaltante qui m’avait séduite dans Ring Shout.

Cependant, je n’ai pas réussi à totalement accrocher. Peut-être était-ce la vitesse à laquelle s’est déroulée l’intrigue ? Peut-être était-ce cette force présence du créole, qui ajoute une dimension et une crédibilité non-négligeable au propos de l’auteur, mais qui ralentit considérablement ma lecture, à mes yeux d’Eurasienne. Cela reste tout de même un texte que j’ai apprécié.

L’étrange affaire du Djinn du Caire

Fatma el-Sha’arawi, agente spéciale du ministère égyptien de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, examinait le cadavre vautré sur le gigantesque divan à travers des lunettes spectrales.
Un djinn.

Autre thème, autre ville, autre époque, autre continent. Cette fois-ci, P. Djèli Clark nous plonge dans une ville du Caire en essor, luxuriante, à l’esthétique Steampunk. Le du Ministère égyptien de l’alchimie, des enchantements et des entités surnaturelles fait face à une « étrange affaire », comme l’indique la citation ci-dessus, entrée en matière de sa nouvelle. Encore une fois, nous retrouvons une héroïne, Fatma, une femme plutôt libérée si on la compare aux standards de l’époque et dont le caractère fait une part belle à l’impertinence.

Elle est accompagnée d’Aasim Sharif, membre de la police du Caire avec qui elle va tenter de résoudre l’enquête, et tenter de déjouer une sordide orchestration. L’auteur nous catapulte, au même rythme que ses personnages, dans les différents quartiers de la ville, à la recherche de réponse. La nouvelle est courte et engageante, mais surtout une prémices pour nous plonger dans l’univers mystique du folkore de la mythologie arabique de ses œuvres suivantes : Le mystère du Tramway Hanté et Maître des Djinns.

Encore une fois, l’auteur reprend ses mécaniques favorites : ce jeu du folklore et des croyances populaires, dans un univers uchronique et urban fantasy. Et il a raison, car il excelle à cet exercice.

Si je n’ai pas grand-chose à dire de plus concernant cette nouvelle, je trouve qu’elle donne l’eau à la bouche. Je suis intriguée, et ai hâte de me replonger dans cette représentation du Caire qui m’a séduite. Le Mystère du Tramway Hanté et Maître des Djinns sont déjà dans ma PAL, et mon instinct me dit qu’ils n’y seront plus en fin d’année. Affaire « étrange » à suivre…


Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Êtes-vous tenté ?

Défi 2022

Cette lecture s’inscrit dans mon défi 2022 pour la catégorie 8 : Un livre contenant un mot évoquant une couleur dans son titre. Il peut également être attribué aux catégories suivantes :

  • Catégorie 06 : Un livre récent : publié en 2021 ou 2022
  • Catégorie 13 : Un livre dont un des protagonistes principaux est un enfant ou un adolescent
  • Catégorie 16 : Un livre avec une héroïne

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6 réflexions sur “Les tambours du Dieu Noir, suivi de l’Étrange affaire du Djinn du Caire – P. Djèlí Clark

  1. Ping : Les tambours du dieu noir, Phenderson Djèli CLARK – Le nocher des livres

  2. C’est curieux mais j’ai globalement mieux apprécié la première nouvelle et le créole, bien que bloquant quand on y est pas habitué, y a participé. J’ai aimé être désarçonnée et ça a contribué pour moi à l’immersion.

    Aimé par 1 personne

  3. zoelucaccini

    C’est assez rigolo, parce que j’ai lu ces deux novella il y a un mois à peu près, et j’ai déjà tout oublié de la première. Je me souviens juste de cette langue chantante, et du formidable travail de Mathilde Montier qui m’a bluffée.
    J’ai préféré la seconde, et j’avais embrayé directement sur Le maître des djinns, alors je te souhaite de belles lectures à venir 🙂

    Aimé par 1 personne

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