Le sultan des nuages – Geoffrey A. Landis [#UHL 11]

Le sultan des nuages est le dernier texte de 2017 publié dans la collection. Ici, Geoffrey A. Landis, dont, comme souvent avec les UHL, c’est le premier texte que je lis, nous propose une traversée dans les nuages acides de Vénus. Au programme : géopolitique et vision particulière du mariage. Je suis très ambivalente, donc ça va peut-être partir dans tous les sens.

Le sultan des nuages

Auteur : Geoffrey A. Landis (Traduction par Pierre-Paul Durastanti)

Paru aux Éditions Le Bélial dans la collection Une Heure Lumière en août 2017, VO parue en 2010

Pages : 120

4ème de couverture

L’humanité a colonisé le système solaire au bénéfice de consortiums privés omnipotents régnant sur les transports spatiaux. Et ce jusqu’à la plus infernale des planètes, Vénus, dans l’atmosphère létale de laquelle flottent de stupéfiantes cités volantes, véritables miracles de technologie high tech. Plusieurs milliers d’entre elles sont sous la coupe d’un seul et même individu, Carlos Fernando Delacroix Ortega de la Jolla y Nordwald-Gruenbaum, le sultan des nuages, qui n’entrera en pleine possession de son héritage qu’une fois marié, et dont l’immense pouvoir attire toutes les convoitises. Pour David Tinkerman et le Dr Léa Hamakawa, scientifiques récemment arrivés de Mars en vue d’une expertise, les forces souterraines à l’œuvre autour du jeune satrape vont vite s’avérer plus mortelles que Vénus elle-même…


Au centre de ce récit : Léa Hamakawa, scientifique émérite qui a réalisé des travaux sur l’écologie martienne. Cette dernière reçoit une invitation quelque peu nébuleuse de la part d’un jeune garçon de 12 ans à la tête du plus gros consortium régnant sur Vénus. Il est surnommé le Sultan des Nuages.

La colonisation de Vénus relève d’une prouesse technologique. En effet, la surface de la planète est tellement chaude et la pression tellement forte que cela rend impossible la survie de l’être humain. Pour cela, des milliers dômes habitables se cachent des les nuages, à plus de 50 kilomètres de la surface. On appréciera d’ailleurs la rigueur et vraisemblance scientifique dont fait preuve ce texte apportée par son auteur, ingénieur aérospatial travaillant à la NASA.

Revenons donc à Léa, et David, son acolyte amouraché en secret qui se joindra à elle dans ce voyage, au grand désarroi du Sultan des nuages. La quatrième de couverture rend assez clair la volonté de Carlos Fernando Delacroix Ortega de la Jolla y Nordwald-Gruenbaum (paye ton nom, sultan des nuages c’est plus simple) : épouser Léa (je ne spoile pas grand-chose). Cependant les raisons qui le poussent à vouloir marier une « étrangère » restent nébuleuses, comme si elles cachaient un secret. Les épousailles permettraient au sultan de s’approprier de l’entièreté de son héritage. Le mariage, tel qu’il est décrit dans ce texte, est intéressant. Il est représenté comme un apprentissage de la vie, par la vie des autres, comme des liens qui se tressent pour transmettre encore et encore la connaissance et la sagesse. Donc même si la forme qu’il prend ne me conviendrait pas personnellement, je trouve que la métaphore qu’elle exprime reste intéressante, et vraie même dans le genre d’union que j’espère pour moi.

Bon, et le secret de Carlos, ça donne quoi ? Bah, c’est assez flou et fumeux, comme les nuages de cette planète. J’ai trouvé que l’idée, bien que plutôt bonne, est mise en place et résolue un peu trop facilement. C’est un grand complot qui tombe un peu à plat et ça reste fondamentalement naïf à mon sens.

Le dernier point que je souhaite aborder ce sont les personnages, qui malheureusement manquaient sérieusement de substance. Léa est une coquille vide et mutique ; David, un homme de 30 ans, agissant comme un amoureux transi de 13 ans ; Carlos, un enfant roi frustré. Il a été donc difficile pour moi de totalement me plonger dans ce récit, car j’ai le sentiment que les nuages soutenaient mieux les villes que les personnages l’histoire. Mon commentaire peut paraître salé, mais les personnages sont réellement importants dans un récit et ici ils m’ont paru totalement invisible, et m’ont empêché de trouver une satisfaction suffisante dans ce récit.

En résumé : Le Sultan des nuages est une novella de « soft » hard-sf, qui prend place dans un décor majesteux. Malheureusement, l’intrigue et les personnages peinent à soutenir le tout. Paradoxalement, une chouette lecture en soi, parce que le sense of wonder de la science, comme je les aime.

Note : Sur Twitter, je disais que c’était mon deuxième préféré de l’année 2017 mais pourtant c’est une lecture en demi-teinte. Mais en vrai, j’ai peu été enthousiasmée par les textes de cette année:/

Des nuages. Notre véhicule survole des cathédrales de nuages, des montagnes de nuages aux crêtes complexifiées par des fractales en chou-fleur. Nous frôlons des repaires remplis de monstres de nuages d’un kilomètre de haut qui tordent leurs cous de nuages, nous menacent, fanfarons, de leurs dents de nuages, et bandent les muscles de leurs corps de nuages qu’ancrent des éclairs fugitifs en guise de pied griffus.


Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Défi 2022

Cette lecture s’inscrit dans mon défi 2022 pour la catégorie 22 : Un livre dont un des personnages a un secret. Il peut également être attribué aux catégories suivantes :

  • Catégorie 28 : Un livre primé (prix Sturgeon 2011)

6 réflexions sur “Le sultan des nuages – Geoffrey A. Landis [#UHL 11]

  1. Ping : Le Sultan des nuages – Geoffrey-A Landis – L'épaule d'Orion

  2. Ping : Le sultan des nuages | Bienvenue sur Vénus – Le dragon galactique

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